Note de lecture

 

Certains Matins

Marie Françoise Hachet - de Salins

 



J’ai beaucoup aimé les poèmes de Marie Françoise de Salins et la façon dont ils s’articulent avec les gravures en laissant une large place au mystère et à l’imaginaire. Je connaissais le travail graphique de Marie-Françoise, dont j’ai suivi l’évolution technique et artistique depuis longtemps, avec ses motifs récurrents, ses recherches sur la forme et le fond, le choix des matières et matériaux, ses illustrations pour des livres d’artistes, son travail avec d’autres poètes, mais pas son écriture. Une fort belle découverte.

 

Il y a beaucoup de légèreté et de profondeur, un syncrétisme spirituel, de l’intime et de l’universel aussi, de l’éthéré et du sensuel, de la lumière et des ténèbres, du trouble et de l’évidence, de la transparence et de la pudeur, on y voyage au plus près de soi parfois et dans la rencontre de l’Autre. 

 

Les passerelles qui prolongent ce travail, et auxquelles il est fait référence dans la préface, vers Dürer ou le Quattrocento par exemple, ouvrent des portes évidemment, puisque c’est aussi de cela dont il est question. Vers des espaces inconnus et des territoires familiers à la fois, des lieux, des éclats, des images ésotériques, historiques, esthétiques, très charnels aussi, très personnels tout en étant à l’écoute d’autres cultures. Ces ponts esquissés, ces directions suggérées, ces voiles délicatement soulevés, la mise en page elle-même, la saveur des mots qui sonnent, claquent, glissent, passent dans un souffle, se font écho, s’incarnent un instant puis s’évanouissent, tout entre en résonnance pour constituer les fragments d’une mosaïque sans cesse redessinée.

 

Christine Corlay

Professeur Agrégé des Universités

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